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Tourisme : Le secteur doit apprendre à se passer de… l’avion !

Le tourisme doit dissocier sa croissance des émissions de CO2 selon le rapport du Tourism Panel On Climate Change

La COP 28 se ferme sur un accord "historique" pour une transition hors des énergies fossiles. Dans le même temps, le rapport de 60 experts et universitaires sur le tourisme démontre que l'industrie doit rapidement accélérer et découpler sa croissance de celle de l'aérien, mais aussi des énergies fossiles.


De Romain POMMIER
Publié le mercredi, Déc 13
12/13/2023
Le tourisme doit dissocier sa croissance des émissions de CO2 selon le rapport du Tourism Panel On Climate Change - Depositphotos @DmitryRukhlenko

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Après un léger rab pour parvenir à un accord satisfaisant, les Etats présents aux Emirats Arabes Unis ont enfin obtenu un texte de compromis appelant à abandonner progressivement les combustibles fossiles.

Pour nos confrères du Monde, les avancées ont été significatives lors de la COP28, mais surtout l’accord serait « historique » pour l’humanité.

Dans le même temps, le tourisme s’est tenu à l’abri de cet évènement, n’étant que très peu représenté et visible. Et pourtant son rôle dans le changement climatique n’est pas neutre, mais surtout, il est voué à s’accroitre, puisque le secteur continue de croître plus rapidement que le reste de l’économie.

Il doit ainsi urgemment dissocier sa « croissance des émissions » de CO2 se selon le dernier rapport du Tourism Panel On Climate Change (TPCC).

Le TPCC résulte d’une collaboration internationale indépendante basée sur la science qui rassemble des leaders d’opinion du monde entier afin d’informer et de faire progresser rapidement l’action climatique dans l’ensemble du système touristique mondial.

Le texte, publié il y a quelques heures, a été rédigé en se basant sur le travail réalisé par 60 experts des milieux universitaires, économiques et de la société civile dans le cadre d’un processus de 10 mois de développement d’indicateurs.

Le constat est malheureusement sans appel.

« Le secteur du tourisme a encore beaucoup à faire pour être à la hauteur de son rôle majeur et de ses enjeux profonds dans l’action climatique, » explique Jeffrey D. Sachs professeur à l’université de Columbia et Président du Réseau des solutions pour le développement durable des Nations unies.

Le tourisme est trop dépendant de… l’aérien et des énergies fossiles

Pour les experts consultés et ayant travaillé sur le rapport, il est indispensable de dissocier donc la croissance du secteur des émissions de CO2.

Et pour y arriver, l’industrie va devoir baisser sa dépendance croissante à l’avion.

Alors que les émissions liées au transport touristique ont augmenté de 65 % entre 1995 et 2019, malgré les progrès importants réalisés par les constructeurs aéronautiques.

« Le transport aérien a été l’un des principaux moteurs de cette croissance, contribuant aujourd’hui à 26 % de tous les voyages touristiques (nationaux et internationaux), mais à 75 % des émissions du transport touristique.

Il est peu probable que les technologies aéronautiques existantes permettent d’atténuer totalement les émissions d’ici à 2050, » explique le texte qui existe dans sa version résumée (en anglais) pour les dirigeants.

Les carburants durables seront une des solutions pour décarboner le tourisme, mais ces technologies ne joueront un véritable rôle qu’à partir de 2040.

Sauf que dans le même temps, nous parlons d’un secteur, à l’image de la société actuelle, qui investit massivement dans les… énergies fossiles.

A lire pour compléter : Voyage : Pourquoi compenser n’est pas une super bonne idée ?

Les gouvernements dépositaires des investissements dans les grandes infrastructures du transport, continuent d’investir dans des infrastructures touristiques liées à une forte intensité d’émissions de gaz à effet de serre.

« Près de 68% des 601 milliards de dollars (557,17 milliards d’euros, nous parlons là des projets en cours ou programmés, ndlr)) sont dépensés pour des projets d’aéroports dans le monde.

Les subventions explicites aux combustibles fossiles, qui s’élèvent à 732 milliards de dollars au niveau mondial (investissements mondiaux estimés en faveur des énergies fossiles en 2021, ndlr) entravent la réaffectation des investissements en faveur de la transition vers une économie à faible émission de carbone dans le secteur des voyages et du tourisme, » explique le rapport.

Alors que seulement 8% des 719,8 milliards de dollars (667,30 milliards d’euros) investis entre 2000 et 2022, l’ont été dans… des projets mondiaux qui traitent du changement climatique et du tourisme.

Tourisme : le secteur doit agir sur la demande et changer les comportements

Les experts conseillent donc d’agir rapidement sur la demande et les changements de comportement des voyageurs, afin d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Rappelons que plus que 300 acteurs touristiques ont signé la Déclaration de Glasgow, en 2021.

Ils s’engageaient alors, aux côtés des gouvernements et des destinations, à réduire les émissions de moitié d’ici 2030 et à parvenir à zéro émission nette au plus tard d’ici 2050.

Et malheureusement, pour l’heure les actions menées sont insuffisantes, selon les scientifiques et rapporteurs du Tourism Panel On Climate Change.

« Le coût social des émissions de carbone du tourisme augmente et devrait égaler ou dépasser sa contribution directe à l’économie mondiale de 2 000 milliards de dollars américains en 2030.

Les implications en termes de justice climatique des émissions des voyages provenant principalement des pays à hauts revenus, et la charge disproportionnée des coûts sociaux des émissions du tourisme dans les pays très vulnérables, obligent à une plus grande prise en compte dans les réponses du secteur du tourisme au changement climatique, » annonce le document.

A lire pour aller plus loin : Voyage : Demain, un vol long-courrier tous les 10 ans ?

Pour les experts, il est important de poursuivre les investissements dans le ferroviaire, pour décarboner le secteur. Ce mode de transport est plus vertueux que l’aérien, même pour les lignes utilisant des combustibles fossiles.

Il est aussi indispensable de maintenir les efforts dans le développement des voitures électriques. Ces véhicules restent un mode de transport clé dans le tourisme (32 % de tous les voyages touristiques en 2019, et 15 % des émissions du transport touristique).

Le tourisme va devoir accélérer et vite, pour ne plus être stigmatisé, d’autant que nous parlons d’une industrie qui ne cesse de se développer et tenir à bout de bras la croissance mondiale.

A retenir du rapport « Tourism and Climate Change Stocktake 2023 » :

  • Aucun pays, aucune destination et aucun sous-secteur n’est parvenu à réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre du tourisme
  • Les nombreux signes de progrès, de bonnes pratiques et d’innovation identifiés dans le bilan doivent être étendus de toute urgence
  • L’intensification des impacts observables du changement climatique sur les destinations touristiques est indéniable
  • Les tendances soulignent également à quel point de nombreuses formes de croissance du tourisme à forte intensité d’émissions constituent un obstacle majeur à la réduction des émissions
  • Faire progresser le développement d’un tourisme résilient au changement climatique relève de la responsabilité collective des pays du monde entier

Pour lire le rapport complet (en anglais), cliquez ici

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